Pensée n°4 – N’y a-t-il pas autant de méthodes de travail que d’écrivains ?

La fin d’un manuscrit, c’est l’occasion de fêter la liberté, n’est-ce pas ? (Non ? Même pas un petit peu. Oh… Ok.) Parfois, c’est le début d’un nouveau cycle créatif. Pour une fois, je voulais revenir sur quelques réflexions et tout ce que j’ai appris à chaque nouvelle étape de la rédaction. Et, pour éviter à mon cerveau de surchauffer, j’ai voulu pendant un mois partager ces pensées.

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Vous vous êtes arrêté sur une idée. Vous l’avez peut-être testée, vous l’avez sans doute laissée valser avec votre imagination et avez visualisé tout un tas de scènes géniales. Et, si vous êtes un plotter, si vous aimez planifier, vous êtes prêt à attaquer la pré-production : la construction, la structuration et l’organisation de l’histoire.

Et, pour travailler, vous avez sûrement une méthode favorite. Il en existe plusieurs, avec des points communs et des styles différents. La méthode du « je m’accompagne du simple synopsis détaillé », la méthode d’Elizabeth George que j’ai découverte grâce à Marièke du blog Mécanismes d’Histoires, la méthode dite « du flocon »  de Randy Ingermanson que je ne connaissais pas avant de rédiger cette pensée… et bien d’autres, c’est certain.

Toutes ces méthodes ont un point commun – elles sont le fruit du travail de leur auteur. Ce n’est pas une recette magique, une manière unique de structurer un récit, mais leur façon de travailler qu’ils partagent avec nous.

C’est sans doute pour cette raison que chacun d’entre nous peut les adapter, pour contourner quelques rigidités de l’une, adopter quelques étapes de l’autre. Tout dépend, alors, de la façon dont chacun travaille et, surtout, comment nous aimons travailler, comment la technique que nous adoptons nous rend plus productif, plus confiant, plus déterminé à achever une histoire démarrée.

J’ai commencé à écrire de la fiction sous forme de scénario. Des projets plus ou moins longs qui n’étaient pas très bons. Je voulais avant tout m’amuser avec les dialogues et les personnages et les décors, sans pour autant réfléchir au squelette narratif de l’histoire, ni aux pivots majeurs qui correspondaient aux moments clés de l’intrigue. Avoir un début, un milieu et une fin était pour moi suffisant. Puis, j’ai consulté des centaines de ressources en ligne, acheté des bouquins sur la question, lu, lu et lu des scénarios (en majorité en anglais). J’épluchais toutes les méthodes possibles et imaginables pour, au final, n’en suivre aucune. Quand je me suis mise au roman, j’ai repris les mauvaises habitudes. Anarchie totale et chaos subséquent.

Ce n’est que très récemment que j’ai commencé à voir un équilibre de travail se dessiner. Ma méthode possède encore des contours brouillons, des à-coups paralysants surmontés avec plus ou moins de difficulté. C’est une méthode qui partage des mécanismes avec des méthodes décrites que je n’avais jamais consultées. C’est une méthode que je veux flexible aussi. J’aime tester de nouvelles choses. En ce moment, ce sont les principes de la méthode de Blake Snyder que j’utilise. Blake Snyder était un scénariste Américain à l’origine d’une technique détaillée dans son livre Save The Cat! : pour lui, le scénario d’un film repose sur 15 battements majeurs. Cette technique est intéressante et fonctionne bien avec le format roman. (J’y reviendrai sans doute dans un futur article.)

En fait, j’adopte une méthode qui me convient.

Et, au final, la réponse à la pensée du jour est, pour moi, évidente. A toute personnalité, sa sensibilité et sa façon de travailler. Bien sûr, les méthodes se croiseront d’une certaine manière, et une méthode définie sera peut-être idéale pour vous, sans que vous n’ayez besoin d’en changer une seule étape.

Ou, peut-être, ai-je mal formulé cette pensée. A ce stade du développement d’un projet, quand l’idée est sur le point de se déplier en quelque chose de plus grand, on est peut-être intimidé et frustré, trop impatient de démarrer l’écriture. On a envie de bien faire. D’assurer. De gérer. D’être le bon élève, de faire ses recherches. Et c’est bien. Très bien. Mais, il est aussi important de prendre son temps avec sa méthode. De la chercher et de la construire.

Il faut se documenter sur les méthodes qui ont déjà été détaillées par d’autres. Les livres, c’est génial. Ces auteurs ont partagé leurs techniques. Ils les ont explorées, décortiquées, réarrangées pour en faire un condensé fonctionnel. J’aurais pu gagner du temps à les rechercher davantage, les tester pour dénicher les éléments qui me correspondent.

Mais, il ne faut pas non plus trop se formaliser avec ces méthodes d’écriture. Se laisser l’espace de se connaître et connaître la manière dont on aime travailler, c’est apprivoiser notre espace créatif, mental et technique. On ne doit pas s’adapter à une méthode. Dans la plupart des cas, c’est la méthode qui doit libérer les chaines qui nous empêchent de travailler. Nous ne devons pas nous brider pour elle. Si elle change notre routine créative au point de nous paralyser, c’est qu’elle ne nous convient pas. Expérimenter et transformer, c’est tout le sujet de la création.

Et vous ? Utilisez-vous une méthode particulière ? Un mix de plusieurs ? En connaissez-vous d’autres ? Possédez-vous la vôtre ?

Pour en savoir plus :

La méthode de Elizabeth George

La méthode dite « du flocon » sur espaces comprises ou la version originale en anglais

Save The Cat! The Last Book on Screenwriting You’ll Ever Need de Blake Snyder (Le livre est disponible en anglais et en français seulement, si vous le pouvez, optez pour la version originale qui est bien bien meilleure !)

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