Pensée n°5 – Pourquoi est-il si difficile de trouver des idées ? (et comment je me démène quand même pour le faire)

La fin d’un manuscrit, c’est l’occasion de fêter la liberté, n’est-ce pas ? (Non ? Même pas un petit peu. Oh… Ok.) Parfois, c’est le début d’un nouveau cycle créatif. Pour une fois, je voulais revenir sur quelques réflexions et tout ce que j’ai appris à chaque nouvelle étape de la rédaction. Et, pour éviter à mon cerveau de surchauffer, j’ai voulu pendant un mois partager ces pensées.

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Une fois toutes les premières idées posées sur le papier et à l’abri quelque part dans mon synopsis, j’ai toujours un petit moment de battement. Ce moment où je me dis qu’il va bien falloir que je remplisse ces merveilleux espaces qui séparent les points clés de mon intrigue.

C’est une étape très étrange qui m’amène du mais en quoi cela peut-il bien faire avancer l’histoire au mais qu’en même… et si ces personnages se retrouvaient dans ce genre de situation, que se passerait-il ?. C’est un moment que j’appréhende aussi parce qu’il m’arrive parfois de souffrir un peu avant de dénicher un moment qui me plaît assez au point de le garder.

Trouver l’idée initiale, à l’origine d’une histoire, est souvent simple. Elle a tendance à se manifester toute seule. Mais intégrer des idées à un projet en cours ou dénicher un concept différent pour amorcer un nouveau roman, parce que l’envie d’écrire a soudain frappé, peut être beaucoup plus compliqué. Personnellement, je me mets toujours à la chasse aux idées quand :

  • J’essaie de chercher une idée originale, celle qui pourra m’aider à débuter un nouveau projet, par exemple.

  • Je n’ai plus d’idées pour construire une bonne intrigue : il me faut donc bien réfléchir avant de trouver et écrire des scènes importantes, qui devront souvent s’intercaler entre les pivots de l’histoire sur lesquels j’ai déjà travaillés.

Pour combattre ces blocages, je m’efforce de :

  • Chercher l’idée originale avec la conviction qu’il n’y a pas d’idée originale

Il est difficile de se le dire, mais c’est vrai. L’idée originale n’existe pas. C’est l’approche qui rend une idée unique, la façon dont elle est exécutée, la manière dont on l’amène en construisant un univers original par ses détails et ses personnages. Et, cette manière est d’autant plus unique qu’elle découle du ressenti d’une expérience. Chaque personne a une vie différente, un point de vue différent, une vision du monde différente. C’est ce condensé qui est à l’origine du traitement particulier d’une histoire, parce que chaque expérience fait naitre des émotions qui sont les mêmes par définition, mais qui de manière intrinsèque sont absolument différentes.

J’entends souvent la phrase « Tout a déjà été écrit, sauf par vous. » C’est le vous, le nous, qui fait toute la différente, sans doute parce que chaque être humain possède sa façon de raconter une histoire.

  • Chasser les idées en stimulant mon muscle inspiration

Yep, il y a toujours cet instant de pur néant où absolument, mais absolument, aucune idée ne germe, ne se développe, ne vient. Plouf. C’est le vide. Ça arrive avant, au début ou au cours du développement d’une histoire. Tout devient silence.

Alors, comment trouver des idées ?

S’inspirer de la vie. Le quotidien, les discussions sur les terrasses de café, dans le bus, dans le métro, dans les soirées… dans tous les évènements de la vie. La réalité est une mine d’or pour développer un sujet, un concept, comprendre les relations qui animent les individus. Observer et écouter sont des mécanismes excellents pour comprendre le monde qui nous entoure et, par extension, cela permet d’introduire une dimension réelle dans les mondes et les personnages que nous créons.

Lire. De tout. Partout. Lire de la fiction, de la non-fiction, dans le même ou un autre genre dans lequel on écrit. Lire le journal, des nouvelles, des flash-fictions, des chat-stories, des scénarios (si vous aimez !). Lire des bouquins techniques, des essaies philosophiques, sociologiques, etc. Lire des articles scientifiques. Des biographies. Ecouter des livres audio ou découvrir de nouveaux mangas. En plus de nous divertir, lire nourrit notre imagination !

Se nourrir d’autres formats. Regarder des séries télé, des films, aller voir des expositions, des concerts, des spectacles. Faire un tour au musée, au ciné, au théâtre. Ecouter de la musique, découvrir d’autres styles. Jouer à des jeux vidéo. Tous les médias peuvent nous inspirer d’une manière ou d’une autre. On regarde Harry Potter et Ocean’s Eleven, et on se demande comment un magicien pourrait préparer le casse du siècle dans un monde gouverné par la magie. Parfois, les idées germent à partir d’étranges combinaisons.

Jouer avec les idées que l’on a. Il est possible de créer une idée à partir d’une autre idée. On peut combiner les concepts, exacerber des détails d’une idée pour en faire naitre une autre. On peut construire des idées à partir de celles que nous avons abandonnées un jour. On peut jouer avec les relations qui définissent les liens entre les personnages, créer de nouveaux liens de parenté, en briser d’autres, ou encore basculer le focus de nos scènes : d’un moment poussé par les personnages à un instant dominé par l’action.

Jouer avec une (des) œuvre(s) qui existe(ent). Prendre une série, un film, un livre, un manga, un jeu vidéo, et ensuite, s’amuser avec un passage. Changer le nom des personnages, leurs choix, leurs motivations, leurs caractéristiques psychiques et physiques. Mettre ces personnages dans un autre univers. S’amuser avec les idées qui existent, en exagérant le trait de caractère d’un personnage ou une règle qui définit un monde. Pourquoi ne pas essayer ? Et si Thor avait perdu la mémoire après son exil d’Asgard, est-ce que cela n’aurait pas fait naître une toute autre histoire ? Jouer avec une œuvre, à la manière d’une fan-fiction, peut débloquer le monde d’idées qui sommeille quelque part dans notre cerveau.

Utiliser des prompts et/ou toute sorte d’exercices d’écriture. Les prompts sont de magnifiques moyens pour nous forcer à sortir de notre zone de confort et essayer de nouveaux thèmes. Ils nous forcent à réfléchir à des situations différentes, tout en nous offrant une ligne directrice. En plus, ils peuvent être à l’origine de nouvelles idées : on peut développer le prompt initial, le transformer, l’alimenter avec d’autres idées. C’est un cercle vicieux et fantastique.

S’amuser. Se changer les idées. Aller faire une ballade, se promener dans une rue que l’on a l’habitude de traverser comme Flash, aller au restaurant, retrouver des amis. Parfois, les idées viennent quand on fait tout sauf écrire.

Garder une trace écrite des séances de brainstorming. Le secret est de rester stimuler tout le temps. Je conserve toujours un carnet ou un mémo dans un coin de mon téléphone pour déposer les idées qui viennent (et cela, à tout moment de la journée). Certains créent un journal d’écriture pour entretenir leurs motivations : ils y écrivent idées, ressenti de la journée, avancée des projets, niveau de contentement du travail d’écriture produit. Personnellement, je n’utilise pas de journal d’écriture comme on le décrit souvent, mais j’ai un journal d’idées que j’ai démarré il y a quelques mois. Je me force à dénicher au moins cinq idées par jour. C’est douloureux, mais ça m’oblige à rester connectée à mon envie de créer.

Décliner les méthodes qui boostent la créativité. Utiliser des prompts m’a donné une autre idée – utiliser des dés de storytelling. Les dès de storytelling portent sur toutes leurs faces des dessins différents. En les jetant, les faces obtenues me servent à définir des règles pour écrire de courtes nouvelles ou des flash-fictions. Ces petits exercices me forcent à me plier à des contraintes d’écriture : ils me poussent à tester des combinaisons insensées, à mettre en avant des détails subtils ou à créer des personnages loufoques. Ça peut être assez drôle parfois. Pour stimuler la créativité, il me semble que d’autres méthodes basées sur des jeux de cartes existent aussi. A tester.

Utiliser le mind-mapping (ou carte d’idées). J’adore cette méthode. Je l’utilise souvent. La technique est simple : prenez une feuille de papier vierge, inscrivez votre idée de base au centre, puis déployez de nouvelles branches tout autour en les construisant avec de nouvelles idées. D’autres idées naitront par association et les branches deviendront plus nombreuses et plus étoffées. Le mind-mapping est un vrai booster de créativité et de réflexion, et non pas seulement pour l’écriture.

Wow. Je n’avais pas prévu une pensée aussi longue, mais j’espère que les quelques techniques citées pourront vous aider à chercher des idées, si jamais vous ne les connaissez pas déjà. J’alimenterai sans doute cette pensée si d’autres méthodes me viennent à l’esprit.

En attendant, je vais tenter de ne pas laisser mon muscle inspiration ramollir. Trouver des idées peut être difficile, mais l’important est de continuer à les chercher. Elles finiront par émerger.

Et vous, comment trouvez-vous vos idées ? Vous arrive-t-il parfois d’être à court d’idées ?

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