Pensée n°14 – La lecture. Le compagnon indispensable de l’écriture ?

La fin d’un manuscrit, c’est l’occasion de fêter la liberté, n’est-ce pas ? (Non ? Même pas un petit peu. Oh… Ok.) Parfois, c’est le début d’un nouveau cycle créatif. Pour une fois, je voulais revenir sur quelques réflexions et tout ce que j’ai appris à chaque nouvelle étape de la rédaction. Et, pour éviter à mon cerveau de surchauffer, j’ai voulu pendant un mois partager ces pensées.

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Pour atteindre des sommets, le créateur doit consommer.

Consommer ce qu’il souhaite créer.

Un scénariste lit beaucoup de scénarios. Regarde énormément de films, de séries ou de web-séries. Il se nourrit de tous les formats qui l’intéressent. Un concepteur de jeux vidéo joue, parce qu’il aime les jeux vidéos (c’est certain !) et parce qu’il doit se tenir informé de ce qui se fait, ce qui se crée, ce qui alimente le domaine dans lequel il travaille.

Consommer fait parti du job. C’est la raison pour laquelle Lire. Lire. Lire. est un conseil d’écriture qui revient souvent. C’est une façon de travailler. Quand j’ai commencé à m’intéresser aux scénarios, je passais des heures à lire des scripts et à regarder des séries pour comparer l’écrit et l’oral, pour comprendre ce qui se passait de la page à l’image.

Pour l’écrivain, la lecture, en plus d’être l’un des meilleurs moyens de transport jamais inventé, est un carburant aux bienfaits incroyables.

La lecture nourrit notre connaissance du marché.

Si nous voulons être publiés, lire est une porte ouverte sur le marché de l’édition. Pourquoi ? Parce que cela nous aide à prendre connaissance de ce qui se fait, ce qui est publié, ce qui atterrit sur les étagères de nos librairies préférées. C’est une sorte d’étude de marché pour comprendre ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, ce qui est attendu, voulu, à la mode, ce qui reste à faire ou ce qui peut être encore fait.

Connaître ce qui existe sur le marché est essentiel. En jeunesse, si nous voulons un jour voir notre livre trouver sa place entre deux romans YA coups de cœur. En fantasy, si l’idée de rejoindre le rayon nous hante. En… bon, vous voyez le principe.

Pourquoi est-ce essentiel ?

Parce que si un livre a été publié et est en rayon, c’est sans doute (dans la plupart des cas) qu’il a bénéficié des conseils et du travail de professionnels. Correcteurs. Editeurs. Agents littéraires peut-être. Des personnes qui baignent dans le métier, qui savent comment et pourquoi ça marche. Des personnes qui en savent davantage que nous.

La lecture nous permet alors de comprendre comment se construit une histoire. Nous apprenons des choses sur la structure, l’organisation de l’intrigue et la distribution des moments clés d’un récit. C’est une aventure au cœur des chapitres, un moyen de les décortiquer, comprendre leur début et leur fin. Comprendre comment les règles d’un genre sont appliquées et déjouées. Comprendre comment les auteurs jouent avec les codes et les brisent pour développer une idée.

En ce sens, la lecture attentive booste notre écriture. Notre construction de plans/synopsis s’améliore et nous réussissons à mieux équilibrer descriptions et séquences d’action. Nous sommes plus attentifs au placement des moments décisifs – le climax, les tensions, les pivots, le nœud. On apprend. On équilibre exposition/milieu/dénouement. On devient des pros de la forme et de la structure. Et, tout en devenant des génies du développement et de l’arc narratif, on enrichit son vocabulaire.

Et la lecture n’enrichit pas seulement notre palais de mots. La lecture stimule notre imagination et notre créativité. Du coup, elle est nécessaire au développement des idées. Elle permet de savoir aussi ce qui a déjà été traité, et nous donne donc à envisager comment injecter notre originalité dans cet océan littéraire.

Aussi, la lecture nous conforte sur nos goûts et nos affinités. Au fil des lectures, à la découverte des mondes et des personnages, lire affine nos préférences. Nous avons une meilleure idée du genre que l’on préfère écrire. Le genre dans lequel on se sent le mieux. Il est d’autant plus simple de se mettre au travail, quand nous savons ce que nous voulons écrire.

La lecture nous fait prendre des risques. Avec elle, on part à la découverte. En tant que lecteur, il est bon de sortir de sa zone de confort. Il faut lire ce qui se fait dans les autres genres, les genres dans lesquels nous n’écrivons pas. Policier, thriller, romance, fantasy, réalisme magique… Tous les genres ont des subtilités différentes, peuvent se croiser et s’enrichir les uns les autres. On écrit dans un certain genre, parce que nous aimons le lire, mais lire autre chose peut être un moyen de comprendre comment jouer autrement avec le suspens, l’espace (un lieu), le temps…

Personnellement, quand je travaille sur un projet, j’essaie au maximum de lire dans un genre différent de celui que j’écris ou, au moins, j’essaie de m’intéresser à une thématique aussi éloignée que possible. Cela me force à varier les lectures, même une seule fois et même s’il s’agit d’un article scientifique ou d’un livre de non-fiction.

Enfin, la lecture permet de savoir ce que nous ne voulons pas faire. Parfois, un genre ne nous séduit pas assez. Parfois, ce sont les lectures qui nous laissent un goût amer, à cause du fond ou de la forme, du contenu ou de la structure. On débat. On essaie de comprendre. On s’éloigne des modèles que nous ne voulons pas suivre. On se recentre. Se concentre. On replace nos objectifs. C’est parfait.

Vous voyez pourquoi la lecture est si excellente pour la santé de l’écrivain ?

Alors dites-moi, comment la lecture a-t-elle changé votre rapport à l’écriture ?

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