Pensée n°20 – Petit retour sur le schéma narratif

La fin d’un manuscrit, c’est l’occasion de fêter la liberté, n’est-ce pas ? (Non ? Même pas un petit peu. Oh allez… Ok.) Parfois, c’est le début d’un nouveau cycle créatif. Pour une fois, je voulais revenir sur ces petites réflexions qui déferlent dans mon esprit à chaque nouvelle étape. Alors, pour éviter à mon cerveau de surchauffer, j’ai voulu pendant un mois partager ces pensées.

*

Le fameux schéma narratif !

Un outil assez exceptionnel quand on y pense. Techniquement, en plus d’être simple à assimiler, il nous fournit les bons indicateurs pour bien équilibrer la structure de notre histoire. Instinctivement, il est certain que vous l’utilisiez avant même de savoir comment une histoire était construite. Non ? Quand je me suis mise à écrire, j’ai tout fait à l’envers – à moins que ce ne soit le bon sens pour nous écrivains – et j’ai commencé à écrire avant d’apprendre à écrire. Et, parmi toutes les choses que je faisais sans vraiment y penser, il y avait bien sûr la construction de l’intrigue. Vous savez, cette succession d’évènements majeurs qui font avancer l’histoire. Avant d’apprendre ce qu’était le schéma narratif, je savais qu’il devait y avoir un début, un milieu et une fin. Un début bourré de présentations. Un milieu en mouvement assaisonné d’action. Une fin qui bouclait la boucle. Je savais que je devais placer des moments où l’intrigue changerait de cap, etc.

Les principes de la narration étaient, en quelque sorte, inscrits dans mon ADN.

Bon, d’accord. Je plaisante.

Bref, le schéma narratif nous permet de tester la répartition de nos scènes, de nos révélations, de tout ce qui assure le développement de notre histoire. C’est un moyen de tester son rythme et de comprendre sa trame.

Oui, mais de quoi s’agit-il exactement ?

En général, il s’agit d’un super dessin qui ressemble plus ou moins à ça :

schema_20

(en tout cas, il s’agit ici de ma compréhension du schéma narratif – attention donc avant de le prendre à la lettre ou comme exemple)

Je voulais revenir sur le schéma narratif pour remettre à plat ce que je comprends réellement des cinq éléments qui le composent :

1 – la situation initiale, aussi appelée exposition

La situation initiale pose les bases de l’histoire. Dans cette partie, nous avons besoin de donner un cadre et comprendre dans quel contexte va commencer l’histoire et, en général, on le fait en se posant trois types de questions :

  • Qui sont les personnages principaux (ou le personnage principal) ?

  • Dans quelle situation se trouvent-ils au moment où débute l’histoire ? A quoi ressemble leur quotidien ?

  • Quel est le contexte spatio-temporel ? et quand vivent nos personnages ?

L’exposition nous sert à présenter et à découvrir le(s) personnage(s). Comment vivent-ils avant qu’un élément perturbateur bouscule leur quotidien ? Nous découvrons d’une certaine façon quel thème va régir l’histoire. Nous sommes poussés dans une atmosphère et un ton, mais à ce stade, il s’agit d’un monde stable et équilibré. Nous plongeons au cœur des habitudes des personnages pour mieux les connaître : personnalité, aperçu de leur passé, tics… tout ce qui va nous servir à  s’en faire une idée.

2 – l’élément déclencheur

Un événement va venir bousculer le quotidien de nos personnages (ou de notre personnage). C’est un problème majeur qui va surgir et bouleverser la routine établie dans l’étape précédente. L’obstacle va servir de catalyseur au démarrage de l’intrigue, de l’action. Le personnage va se retrouver face à un choix (agir ou pas), son but va devenir clair et les motivations du personnage vont se dessiner. La façon dont il va réagir à l’élément déclencheur nous mène directement aux péripéties.

3 – les péripéties

L’élément déclencheur n’est pas sans conséquences, et le personnage ne doit pas se laisser emporter par l’histoire. C’est lui qui fait le choix d’intervenir pour faire avancer l’action, et le périple pour atteindre son objectif va être semé d’obstacles.

Les péripéties correspondent à tous les évènements successifs qui vont découler de l’élément déclencheur : c’est tout ce que va faire le personnage pour réaliser son but, et il s’agit donc de tout ce qui va s’immiscer sur son chemin pour l’en empêcher. Par exemple, il peut avoir des difficultés à trouver des réponses ou être amené sur une mauvaise piste. Malgré ses erreurs et les ratés en cours de route, c’est l’occasion pour le personnage d’apprendre des choses.

Et plus les péripéties s’enchainent, plus la tension dramatique va augmenter, alors que l’on se rapproche du point culminant (ou climax).

Qu’est-ce que le point culminant ?

Le point culminant, c’est le feu d’artifice narratif : le moment où la tonalité de l’histoire change, le moment où tout ce que le personnage croyait savoir s’effondre. Un moment de tension intense, extrême. Le moment où le héros affronte un antagoniste ou un obstacle. L’arrivée au point culminant amorce le dénouement.

4 – le dénouement ou l’élément de résolution

Cette partie correspond en quelque sorte aux résultats du point culminant, ou plutôt, aux conséquences du climax sur le personnage. Le personnage va trouver une solution à son problème, s’en sortir vainqueur ou échouer. Avec l’aide de personnages secondaires (ou pas), le personnage va fournir des efforts supplémentaires pour venir à bout du problème et trouver une solution. L’antagoniste, l’obstacle, va être vaincu (ou pas). Le conflit se termine. L’aventure du personnage s’achève avec l’élément de résolution (un événement, un personnage, etc.) qui intervient pour clôturer cette étape.

5 – la situation finale

La situation finale est la toute dernière étape du schéma narratif. C’est le pendant de l’exposition. Le personnage a généralement changé (ou non, mais en général le changement est préférable). Il a peut-être gagné ou perdu, achevé sa quête sur une note positive ou négative. Dans tous les cas, son existence a retrouvé un certain équilibre et c’est celui-ci qui est présenté dans la situation finale.

C’est une pensée qui aurait mérité d’être apportée plus tôt, mais je voulais prendre mon temps pour la développer. Même si parfois, l’écriture d’une histoire s’effectue sans consulter ce schéma (quand nous écrivons, il est assez naturel de savoir que nous avons besoin d’un élément déclencheur, de péripéties, d’un climax, etc.), trouver les bons mots pour décrire le procédé est complexe. Dans tous les cas, la structure narrative est un vrai jeu de transitions. C’est savoir quand et comment placer les instants-clés pour faciliter le déploiement de l’intrigue.

Si vous avez des choses à ajouter ou à corriger, n’hésitez pas. En attendant, dites-moi si pour vous aussi le schéma narratif est un casse tête à définir, et si il vous arrive parfois d’avoir des difficultés à le suivre ou même d’en préférer un autre.

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