Pensée n°22 – Combien de temps faut-il pour écrire un roman ?

La fin d’un manuscrit, c’est l’occasion de fêter la liberté, n’est-ce pas ? (Non ? Même pas un petit peu. Oh… Ok.) Parfois, c’est le début d’un nouveau cycle créatif. Pour une fois, je voulais revenir sur quelques réflexions et tout ce que j’ai appris à chaque nouvelle étape de la rédaction. Et, pour éviter à mon cerveau de surchauffer, j’ai voulu pendant un mois partager ces pensées.

*

calendrier_22C’est probablement l’une des questions les plus difficiles à poser tant les réponses sont aléatoires et tant le processus créatif est une véritable boîte à mystères.

En construisant cette pensée, j’ai voulu m’arrêter sur une liste (non exhaustive) des facteurs qui pourraient influencer le temps passé à rédiger un manuscrit.

Je suis d’abord arrivée à un premier constat : le temps nécessaire pour terminer un manuscrit est propre à chaque écrivain. Nous sommes tous uniques. Nous possédons tous une méthode d’écriture spécifique – et, même si elle s’inspire de méthodes qui existent déjà, il y a toujours des manières de la personnaliser. Ainsi, chacun répartit son temps de différentes façons, entre planification, écriture et réécriture. Chacun écrit plus ou moins vite, poussé par la frénésie ou soucieux de ralentir pour prendre soin des détails. Le combat contre la procrastination, l’absence de motivation ou le chaos des idées est aussi une histoire d’individualité.

Une autre grande raison sur laquelle je me suis arrêtée est l’ampleur et la taille d’un projet. C’est évident, tous les projets ne sont pas identiques. Certains plafonnent à 90 000 mots, d’autres à 200 000 mots, d’autres à quelques centaines… Cela dépendra parfois du genre ou des lecteurs ciblés. Une fiction fantastique, un récit plus contemporain, un cycle de fantasy, un livre pour enfants ou une œuvre jeunesse YA répondent à des règles différentes, ce qui influence automatiquement le temps de travail qu’on y passe. Des nombres de mots distincts demanderont des périodes de travail complètement différentes. Et là encore, ce n’est pas si simple. Tout dépendra de la vitesse d’écriture de chacun, les obstacles qui s’immiscent sur notre chemin…

Du coup, cela m’a menée à réfléchir à un autre facteur : la réaction de l’écrivain face aux obstacles. Possède-t-il les outils pour repousser la procrastination ? Comment s’organise-t-il pour rectifier les problèmes d’intrigue ou de construction des personnages ? S’il possède les bons outils, combien de temps lui faut-il pour les utiliser et vaincre ces obstacles ? Et donc, de combien de temps a-t-il besoin pour se remettre au travail ? Aussi, quelque part, je me suis dis que le type d’obstacles pouvait influencer le temps passé sur la rédaction. Finalement, on ne sait jamais vraiment comment un problème est réglé avant d’y être confronté.

Combattre des obstacles – ceux liés à un manuscrit, mais aussi ceux connectés aux impératifs de la vie quotidienne – n’est bien sûr pas sans à-coups. Il peut arriver que l’on stoppe l’écriture pendant un ou plusieurs jours. Du coup, ne pas écrire tous les jours augmente-t-il le temps passé à écrire un roman ? Pour palier à ce genre d’interrogations, j’aime bien garder une trace de ce que j’écris, avec le nombre de mots écrits associé au jour où j’ai écrit. Au moins, je sais comptabiliser le nombre de jours passés sur un projet, et je connais le temps effectif que j’ai passé à écrire.

Etroitement lié à ce facteur, je me suis aussi intéressée à l’influence d’un calendrier, ou pour être plus précise, à la connaissance d’un délai. Avoir une deadline nous pousse parfois à envisager un calendrier d’écriture, et cela nous permet donc de garder le rythme, un rythme qu’une fois trouvé nous avons peine à briser. Prenons par exemple NaNoWriMo. Si tout se passe bien au bout de 30 jours, fin Novembre, un manuscrit d’au moins 50 000 mots est terminé : il aura donc fallu un mois pour le finir. Bien sûr, je simplifie ici, mais je pense que l’influence d’une organisation via un calendrier et la pression d’une date butoir affecte forcément le temps passé sur un projet, notamment parce que cela permet de forger une discipline de travail et apprivoise notre flow d’écriture, pour le garder toujours aussi continu que possible.

Parallèlement, j’ai conclu que le temps mis pour achever un roman peut aussi être déterminé par la définition que l’on donne à terminer un manuscrit. Pour nous, s’agit-il seulement de la complétion du premier jet, ou considérons-nous la fin d’un roman quand de multiples réécritures ont été effectuées et que nous obtenons – enfin – une version satisfaisante pour nous. Notre définition du degré d’achèvement d’un manuscrit influence la façon dont on envisage le temps pris pour le finir.

Personnellement, j’ai terminé certains manuscrits en trois semaines, d’autres en un ou trois mois, d’autres en six mois. Et, en général, quand je parle de terminer un manuscrit, je ne compte pas les réécritures. La réécriture est, pour moi (et pour vous aussi peut-être), une phase de travail complètement différente de l’écriture, qui peut parfois être beaucoup, beaucoup plus longue que la phase d’écriture.

Finalement, quand je m’arrête sur la question, je me dis qu’il y a autant de facteurs personnels et externes que de facteurs internes au projet capables d’influer sur le temps passé sur un manuscrit, et donc sur le temps qu’il faut pour le terminer. Et, enfin, je me répète toujours que terminer un manuscrit est beaucoup plus important que le temps qu’on y passe.

Et vous ? Dites-moi – en général, combien de temps vous faut-il pour terminer un manuscrit ?

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