Pensée n°23 – Les bienfaits de la séparation (a.k.a terminer un manuscrit)

La fin d’un manuscrit, c’est l’occasion de fêter la liberté, n’est-ce pas ? (Non ? Même pas un petit peu. Oh… Ok.) Parfois, c’est le début d’un nouveau cycle créatif. Pour une fois, je voulais revenir sur quelques réflexions et tout ce que j’ai appris à chaque nouvelle étape de la rédaction. Et, pour éviter à mon cerveau de surchauffer, j’ai voulu pendant un mois partager ces pensées.

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Que se passe-t-il quand nous terminons un manuscrit ?

D’abord, nous célébrons.

Vraiment, wow, la ligne d’arrivée est franchie. Terminer un manuscrit n’est pas une mince affaire. C’est incroyable ! C’est la concrétisation d’heures de réflexion, de travail, de planification peut-être, de rêveries c’est certain. Bravo ! Nous pouvons respirer. Soupirer de soulagement. Sourire de contentement.

On a posé notre FIN (littéralement ou pas) et c’est déjà une sacré réussite.

Et après ?

Hé bien, après les célébrations, il peut se passer une multitude de choses. J’ai terminé plusieurs manuscrits, et dans cette pensée, j’ai voulu revenir sur tout ce que j’ai appris grâce à ces expériences.

J’ai appris qu’une fois la fin venue, il faut se séparer du manuscrit. Non, mais sérieusement, il est préconisé de s’éloigner du manuscrit. Oui, oui. Il faut le placer le plus loin possible de nous. L’abandonner dans un tiroir ou sur son ordinateur pour le laisser décanter à l’abri dans un dossier. Il faut combattre la tentation de vouloir le retravailler tout de suite. L’envie irrésistible de le corriger. C’est vital. Prendre de la distance est même une obligation.

Pourquoi est-ce important ?

Parce qu’au moment des retrouvailles, il faut pouvoir y revenir avec un esprit reposé et un regard neuf. Il est important d’avoir pris assez de recul pour pouvoir retravailler son manuscrit de manière effective. Sinon, il est vraiment impossible de savoir ce qui ne fonctionne pas avec notre travail, en termes de continuité, d’intrigue, de personnages… de tout. Des corrections précipitées sont donc, bien souvent, mauvaises.

Du coup, c’est évident : la fin d’un manuscrit ne signifie pas qu’il est terminé. La FIN est une fausse fin. C’est celle qui arrive avant le plus gros du travail – la réécriture. Mais, c’est la FIN la plus importante de toute, parce qu’elle nous offre un support de révisions sur lequel il sera possible de retravailler, un manuscrit fini que l’on va pouvoir décortiquer dans tous les sens pour le rendre meilleur, et ça, c’est vraiment génial.

Et, puisqu’il n’est pas terminé, le manuscrit en fin d’écriture ne doit pas quitter notre territoire. Je m’explique. A ce stade, quand il vient tout juste d’être achevé, le manuscrit comporte sans doute encore des coquilles, des fautes d’orthographes, de grammaire peut-être, des incohérences auxquelles nous avons pensé et qu’il sera impératif de corriger. C’est bien, mais cela signifie aussi que le manuscrit n’est pas encore prêt ; il ne peut pas encore être confronté aux regards extérieurs. En fait, tant que je ne suis pas satisfaite du produit final, rien ne sort de mon espace créatif.

De cette leçon, j’en ai apprise une autre : il est important de laisser beaucoup de temps passer avant de corriger un manuscrit fraichement terminé. Quand j’ai commencé à réécrire, le temps que je laissais s’écouler entre l’écriture et la réécriture était ridicule. Vraiment. 3 jours. Moins d’une semaine. J’avais du mal à résister à l’empressement de corriger, et à tout ce que ces possibles corrections signifiaient. Autant dire que je m’y prenais très mal. A présent, j’ai appris à donner du temps à cet entre-deux. En général, je laisse passer 3 à 4 semaines, le temps de prendre suffisamment de distance avec le manuscrit.

J’ai alors pris conscience que ce temps n’était pas perdu, parce qu’il me servait à repenser au texte écrit. La fin d’un manuscrit est, en général, un bon moment pour réfléchir à tous les problèmes rencontrés au cours de la rédaction. Souvent, pendant l’écriture, je me fais une note mentale de ces problèmes, ou je m’arrête une seconde pour les inscrire sur une feuille. Cet entre-deux me permet de démarrer une petite réflexion sur les incohérences et les imprécisions glissées dans le manuscrit. Je me constitue une brève liste de tous les points qui me reviennent à l’esprit, sans pour autant aller dans les détails pour leur trouver des solutions : la liste me servira pendant la réécriture, pour retrouver les moments de faiblesse présents dans le manuscrit.

Evidemment, la fin d’un manuscrit est aussi le moment de recharger ses batteries, faire le plein d’énergie. Ça aussi, c’est vital. C’est un élément ultra important si l’on veut continuer à marathon-er avec les mots. Il faut tenir la distance. Et pour la tenir, il faut pouvoir se remettre de la longue phase d’écriture qui a précédé. Profiter du temps pour faire quelque chose de différent et se détendre est essentiel pour se rebooster. Une longue promenade sur la plage, un détour au cinéma, une séance de cardio… puis…

Se remettre au travail. Non, je n’ai pas encore succombé à l’appel de la correction précipitée. Plutôt, je me suis rendue compte que la fin d’un manuscrit était l’occasion de commencer à travailler sur un nouveau roman. Parfois, il s’agit d’un projet tout juste à son stade de planification (et donc je me penche sur le synopsis, etc.), parfois j’entame l’écriture d’une nouvelle histoire après quelques jours de repos seulement. Dans tous les cas, j’ai appris que la fin d’un manuscrit pouvait toujours signifier le début d’un autre.

Et c’est à la fois un énorme soulagement et une belle satisfaction.

Et vous, dites-moi, quelles leçons avez-vous acquises au détour d’une fin ?

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