Pensée n°25 – Le monde magique de la réécriture (1)

La fin d’un manuscrit, c’est l’occasion de fêter la liberté, n’est-ce pas ? (Non ? Même pas un petit peu. Oh… Ok.) Parfois, c’est le début d’un nouveau cycle créatif. Pour une fois, je voulais revenir sur quelques réflexions et tout ce que j’ai appris à chaque nouvelle étape de la rédaction. Et, pour éviter à mon cerveau de surchauffer, j’ai voulu pendant un mois partager ces pensées.

*

reecriture_25

Une fois l’écriture terminée, il est tentant de penser que nous en avons fini avec le manuscrit.

Oui ! Non ? Le manuscrit est achevé. On a sué, un peu ramé. On s’est amusé. On a tout fait pour réussir à intercaler ce mot FIN, quelque part sur la dernière page. Les vacances ne sont pas loin. C’est –

STOP !

Après une longue période de séparation, il est temps de récupérer notre trophée. Vous vous souvenez ? Ce manuscrit caché dans un tiroir ou perdu dans un répertoire. Oui, celui-là. Il est temps de le ressortir et de se remettre au travail. Il est temps de démarrer LA REECRITURE.

(Bon, cette fois j’arrête d’écrire en lettres capitales.)

Ok, la réécriture. Au tout début de mon aventure écriture, ce concept m’était inconnu, complètement abstrait. En fait, il m’a fallu plusieurs manuscrits pour me rendre compte de sa nécessité. Je vais être honnête – mes deux premiers manuscrits n’ont jamais eu la chance de passer par la case réécriture ; du coup, oui, ils sont très mauvais, et quand il m’arrive d’en relire des passages, je souris en pensant à tout ce que j’ignorais.

Aujourd’hui, j’ai une relation un peu plus saine avec la réécriture. Déjà, je sais de quoi il s’agit. (C’est quand même ultra utile pour obtenir un manuscrit lisible.) En plus, même si ce n’est pas toujours la partie la plus fluide à travailler, j’aime beaucoup cette étape de la création. J’apprécie les retrouvailles avec un manuscrit, ce moment où l’on se remet dans le bain avec un regard neuf et des idées claires. Ce moment où l’on redécouvre son manuscrit pour le redécouper à notre guise.

Pour moi, la réécriture est aussi un instant où l’on comprend à quel point un manuscrit est différent du précédent. L’écriture de chaque manuscrit est déjà différente. Mais, selon moi, de la même façon, à travers ce qu’elle nous apprend, sur un projet ou sur la méthodologie adoptée pour le faire, la réécriture est un processus qui s’adapte (en quelque sorte) à un manuscrit en particulier. D’un manuscrit à un autre, il y a toujours une étape qui demande plus de temps ; il y a toujours une étape que l’on privilégie en sachant ce qu’il faut à notre manuscrit pour l’améliorer.

Pour autant, à ce jour, mon processus de réécriture se construit plus ou moins autour des mêmes étapes :

1 – Après 3 à 4 semaines de séparation, la redécouverte

C’est le premier contact après une longue période. Quand je le récupère, j’entame alors la micro-phase pré-modifications : la relecture.

Je démarre la lecture, accompagnée des notes prises pendant l’écriture et celles accumulées durant la période de séparation lors de courtes séances de réflexion. Pendant cette lecture attentive, je ne vais pas faire grand chose, seulement :

  • noter tous les problèmes que je rencontre et

  • corriger les coquilles, les fautes d’orthographe, de grammaire, etc.

Pour noter les problèmes que je rencontre, j’aime utiliser deux méthodes. L’une qui s’inspire directement de Veronica Roth (problèmes/solutions), une autre qui utilise les commentaires du document tapuscrit.

Comment je m’y prends ?

Sur un carnet ou une feuille, je crée un tableau avec deux colonnes : PROBLEMES et SOLUTIONS. Chaque problème que je rencontre est donc noté dans la colonne PROBLEMES. Un problème est décrit par le numéro de la page, des indices sur le(s) passage(s) problématique(s) et un petit paragraphe pour l’expliquer. J’aime bien privilégier ce procédé pour des problèmes majeurs qui concernent :

  • le développement des personnages : personnalité, motivations et relations
  • la construction du monde : règles mal expliquées ou confusion sur certains concepts
  • l’équilibre et la pertinence des points clés de l’intrigue : placement dans l’histoire et conséquences des actions menées
  • des problèmes de langues sur lesquels j’aurai besoin de faire plus de recherches

Selon le projet, la liste des problèmes peut être plus ou moins longue. Parfois, une solution me vient juste après l’écriture. Quand c’est le cas, et que je rencontre le problème lors de la relecture, je remplis directement la colonne SOLUTIONS pour le problème correspondant.

Alors que le tableau PROBLEMES/SOLUTIONS me permet d’avoir une vision d’ensemble, les commentaires me servent d’outils complémentaires pour pointer des passages particuliers directement dans le document principal.

Il m’arrive de sélectionner et commenter des pages entières, puisqu’en plus de surligner des passages entiers qui témoignent de problèmes majeurs (vus précédemment), je commente souvent des passages qui rompent avec le rythme de lecture. Quand il s’agit de coquilles, de fautes d’accord, de petites fautes d’orthographe ou de grammaire, je les corrige à la volée si je suis certaine de leur correction. Mais, parfois, les erreurs sont plus compliquées (mauvaises structures de phrases, étrange placement de paragraphes, etc.).

Dans ce cas, pour toutes les erreurs dont je ne suis pas certaine de la solution, j’utilise un code. Bien que parfois il m’arrive d’oublier de les renseigner dans les commentaires, ces codes peuvent être VOCABULAIRE, GRAMMAIRE, CONSTRUCTION, EXPLICATION, CONTINUITE, CONFUSION… (tout ce qui fonctionne vis-à-vis des problèmes rencontrés). Ce code est souvent accompagné de réflexions et/ou d’interrogations, d’un nouveau texte pour remplacer un ancien que je trouve moyen/mauvais/confus (pour ne pas les oublier), de mentions « à enlever »/ « à reformuler »/ « à expliquer » / « à ajouter »/ « à modifier » / etc. … Même si je ne change rien à ce stade, quand c’est possible, j’essaie toujours de donner une ou plusieurs solutions à un problème.

Mais au delà des petites corrections, je ne touche jamais trop le texte.

2 – La fin de la première lecture, remise à plat et premières retouches

Une fois la première lecture achevée, je me retrouve donc avec un document Word commenté et un tableau à deux colonnes, une PROBLEMES remplie et une SOLUTIONS partiellement remplie.

A ce moment, j’aime confronter commentaires et tableau. Je passe en revue tous les commentaires du document, les rassemble quand je le peux en une catégorie plus importante de problèmes. Puis, je note cette catégorie dans le tableau du carnet.

Cette mise à plat me permet de voir quels problèmes peuvent être regroupés. En général, il y a 4 grands problèmes qui ressortent et qui concernent :

a – les personnages
b – l’univers créé
c – l’intrigue (tous les évènements qui font avancer l’histoire)
d – l’utilisation de la langue (structure des dialogues, vocabulaire, orthographe, etc.)

Bien que le dernier soit plus ou moins simple à corriger, les trois premiers sont beaucoup plus complexes à travailler. Donc, en passant en revue tous les commentaires, je m’autorise à corriger le plus possible les erreurs d.

Pour les points de correction a, b et c, je réfléchis à ce qu’ils impliquent pour le texte et je les traduis en :

a – Développement des personnages et arcs narratifs
b – Création de l’univers
c – Rythme et cohérence de l’intrigue

*

On pourrait croire que ces deux premières étapes sont les plus longues, mais ce sont en fait les plus simples à mettre en œuvre. Les suivantes sont beaucoup plus délicates à gérer. Je vous propose de les découvrir dans la prochaine pensée.

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