Pensée n°30 – L’écriture, un apprentissage quotidien qui nous veut du bien

La fin d’un manuscrit, c’est l’occasion de fêter la liberté, n’est-ce pas ? (Non ? Même pas un petit peu. Oh… Ok.) Parfois, c’est le début d’un nouveau cycle créatif. Pour une fois, je voulais revenir sur quelques réflexions et tout ce que j’ai appris à chaque nouvelle étape de la rédaction. Et, pour éviter à mon cerveau de surchauffer, j’ai voulu pendant un mois partager ces pensées.

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apprendre_30

Mes premières histoires étaient mauvaises.

C’est un fait.

Quand j’ai commencé à écrire, je ne m’intéressais ni au rythme ni au développement de l’arc narratif, ni au schéma narratif, ni à l’intrigue, ni à la mise en page d’un manuscrit. A rien. Enfin si, je déployais tous mes efforts à poser sur le papier ou à taper sur le clavier ce qui me passait par la tête, avec l’envie féroce d’atteindre la fin. Je naviguais simplement entre les mots, avec le plaisir de me plonger dans un univers et découvrir des personnages.

J’enchainais les dialogues sans comprendre comment les formater ou les enrichir avec un contexte. Je jouais avec le nom des chapitres sans comprendre en quoi leur choix pouvait être décisif pour la compréhension de leur contenu. Je valsais avec l’utilisation des figures de style en pensant qu’elles enrichissaient mon style.

En matière d’écriture, j’étais encore un bébé, qui tâtonnait pour se rendre d’un point A à un point B.

Lorsque l’écriture a commencé à contaminer mon quotidien et à devenir une passion dont je ne pouvais plus me séparer, je me suis intéressée à des façons de l’améliorer. D’abord avec des méthodes scénaristiques, parce que j’adore les séries télé et je voulais comprendre comment créer des scénarios avec cette force visuelle retranscrite à l’écran. Puis avec des méthodes littéraires davantage centrées sur le roman parce que, quelque part, j’ai décidé que je devais commencer à écrire des textes plus longs et jouer avec des formats différents.

Des livres techniques. Des cours d’écriture. Plus de lecture. Quelques conférences. J’ai tout essayé.

Et c’est en me plongeant davantage dans ces techniques, en commençant à me poser des questions sur l’écriture et me démener pour trouver des réponses que j’ai vu des résultats apparaître. Au niveau de mon style. De mon vocabulaire. De la structure et du rythme de la narration. De la mise en place d’un monde et de toutes ses subtilités.

J’ai appris des choses que je croyais savoir. Et, encore aujourd’hui, je me replonge dans des concepts dont j’ai surestimé ma compréhension. Du plus simple au plus complexe. Je me dis que c’est normal. Que c’est bien même. Aucun projet ne se ressemble. Chacun m’apprend ce que je fais de bien, ce que je rate, ce que je pourrais faire de mieux, les points sur lesquels je veux et vais pouvoir me concentrer pour un futur projet. Chaque manuscrit m’apprend à mieux m’organiser, à mieux appréhender les critiques et comment les intégrer pour développer mon art. Tous les jours, je me lance un défi. J’anticipe les erreurs et me promets de ne plus les reproduire. Je confronte mes acquis à ceux des autres et tente de voir de quelle façon ils ont raison. Comment j’ai tort. Comment changer de perspective ou tout simplement développer un esprit critique sur ce que j’écris. Chaque jour, j’apprends à persister pour terminer un projet, pour me motiver et combattre les doutes qui s’installent. J’essaie de prendre quelques risques et retravailler quand c’est nécessaire.

A chaque fois que je le peux, j’apprends et me donne les moyens de mieux faire. Et, quelque part, cela brise la monotonie qui peut s’installer parfois. L’écriture est une découverte de tous les jours, un processus pendant lequel je me remets sans cesse en question. Où je peux expérimenter et créer. C’est une discipline que l’on apprend à parfaire, mais avec laquelle il faut rester flexible et ouvert, pour ne pas s’imposer de limites. On apprend à restructurer ses pensées, ses idées, sa méthode. On clarifie le tout, tout le temps. L’écriture, c’est apprendre à faire des brouillons et à les corriger. Parfois, il est bon de l’admettre. Pourquoi ne pas reprendre un vieux projet, le constater et apprécier son évolution ?

Aujourd’hui, j’apprends encore. Il y a des choses que je fais mieux, d’autres que je comprends mieux, d’autres que j’ai encore du mal à appréhender. Du coup, je prends du recul sur ce que je sais et je m’interroge sur ce que je croyais bien faire. C’est sans doute pour cela que je reviendrai sur toutes ces pensées, pour les compléter, les corriger, les remanier en fonction de ma courbe d’apprentissage, parce que demain j’en saurai sans doute un peu plus, ou tout ce que j’aimais faire aura peut-être changé, ne sera peut-être plus vrai ou fonctionnel.

L’écriture n’est pas un art rigide. C’est un art qui s’apprend à coup d’essais et d’échecs, et cela nous profite un peu plus tous les jours, en nous forçant à toujours revoir notre bagage d’outils.

Et vous ? Pensez-vous que l’écriture soit un processus d’apprentissage quotidien ?

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